Fin mars 2026, le parc photovoltaïque de la France atteint 33,0 GW de puissance raccordée, selon le service statistique du ministère de la Transition écologique. Les chiffres clés de l'énergie solaire suivent la même pente : 37,0 TWh d'électricité produite en 2025, soit 7,3 % de la consommation électrique nationale, et une production en hausse de 46 % en un an.
Mise à jour le 18 octobre 2026, à partir des dernières données publiées par le SDES, RTE et Enedis.
Les chiffres clés du photovoltaïque en France
Les chiffres clés du photovoltaïque en France viennent de trois sources publiques qui ne mesurent pas tout à fait la même chose. Le SDES (service des données et études statistiques du ministère) consolide chaque trimestre la puissance raccordée sur l'ensemble des réseaux. RTE, gestionnaire du réseau de transport, publie chaque année le bilan électrique de la France métropolitaine. Enedis, enfin, diffuse en open data le détail des installations raccordées à son réseau de distribution, c'est-à-dire l'immense majorité des toitures de particuliers et d'entreprises.
| Indicateur | Valeur | Source et date |
|---|---|---|
| Puissance installée du parc solaire | 33,0 GW | SDES, au 31 mars 2026 |
| Puissance installée fin 2025 | 31,3 GW | SDES, au 31 décembre 2025 |
| Puissance raccordée en 2025 | 6,1 GW (5,2 GW en 2024) | SDES, février 2026 |
| Production d'électricité solaire 2025 | 37,0 TWh, en hausse de 46 % | SDES, février 2026 |
| Poids dans la consommation électrique | 7,3 % (hors autoconsommation) | SDES, année 2025 |
| Production au premier trimestre 2026 | 6,6 TWh, en hausse de 13 % | SDES, mai 2026 |
| Installations sur le réseau Enedis | 1 329 827 pour 30 806 MW | Enedis open data, fin juin 2026 |
| Objectif de la PPE3 | 48 GW en 2030, 55 à 80 GW en 2035 | Décret du 13 février 2026 |
Les données du SDES proviennent du tableau de bord solaire photovoltaïque du quatrième trimestre 2025 et de celui du premier trimestre 2026, publié le 29 mai 2026. Le service signale dans cette édition une correction de doubles comptes qui a revu à la baisse les puissances des trimestres passés : un chiffre lu dans un article ancien peut donc dépasser la série actuelle sans qu'aucune des deux sources ne se trompe.
Quelle est la capacité installée de photovoltaïque en France ?
La capacité installée de photovoltaïque en France atteint 33,0 GW au 31 mars 2026, d'après le SDES, qui agrège les raccordements de tous les gestionnaires de réseau. Ce total inclut aussi bien les centrales au sol de plusieurs dizaines de mégawatts que les panneaux posés sur une maison individuelle. Au premier trimestre 2026, 1,5 GW supplémentaires sont entrés en service, un flux comparable à celui du premier trimestre 2025.
La croissance du parc solaire s'accélère d'une année sur l'autre. Les gestionnaires de réseau ont raccordé 6,1 GW en 2025, contre 5,2 GW en 2024, soit environ 17 % de plus. À ce rythme, la France ajoute en douze mois l'équivalent de la puissance totale qu'elle possédait au début des années 2010, quand le photovoltaïque restait une technologie de niche soutenue par des tarifs d'achat élevés.
Le distributeur Enedis propose une lecture plus fine de la capacité installée. Fin juin 2026, il compte 1 329 827 installations photovoltaïques pour une puissance cumulée de 30 806 MW, selon les données open data d'Enedis relayées par HelloWatt. Cette capacité reste inférieure au total du SDES pour une raison de périmètre : les plus grandes centrales dépendent du transport haute tension, et les entreprises locales de distribution gèrent d'autres zones. Les deux séries ne s'additionnent pas, elles se recoupent.
Le deuxième trimestre 2026 vu par Enedis
Le deuxième trimestre 2026 voit 31 194 installations solaires raccordées au réseau Enedis, pour 1 496 MW. La puissance moyenne par installation atteint environ 48 kWc, contre 26,5 kWc un an plus tôt. Ce chiffre ne signifie pas que les particuliers posent des toitures plus grandes : il traduit le poids croissant des grands projets (ombrières de parking, bâtiments agricoles, toitures industrielles) dans les mégawatts raccordés.
Sur le premier semestre 2026, le cumul s'élève à 62 759 installations pour 2 914 MW. Le rythme reste soutenu malgré la fin de la prime à l'autoconsommation pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026, une décision qui touche d'abord les petites installations résidentielles.
Quelle est la production d'électricité solaire en France ?
La production d'électricité solaire en France s'élève à 37,0 TWh en 2025 selon le SDES, en hausse de 46 % sur un an, et couvre 7,3 % de la consommation électrique nationale hors autoconsommation. Le premier trimestre 2026 prolonge la tendance avec 6,6 TWh produits en métropole, soit 13 % de plus qu'au premier trimestre 2025, pour 4,6 % de la consommation de la période, un niveau logiquement plus bas en hiver.
Le bilan électrique 2025 de RTE donne un chiffre différent : 32,9 TWh d'énergie solaire en France métropolitaine, soit environ 6 % d'une production totale de 547,5 TWh, avec une progression de 8,1 TWh sur 2024, d'après la synthèse publiée par Connaissance des énergies. L'écart avec le SDES tient à la méthode : le service statistique publie une production brute qui intègre des estimations, alors que RTE raisonne sur la production mesurée par les réseaux de la métropole. Les deux séries montrent la même dynamique.
Le gestionnaire du transport attribue la hausse de 2025 à deux facteurs : environ 5,9 GW de puissance nouvelle sur l'année et un ensoleillement plus favorable qu'en 2024. Dans le mix, le solaire se rapproche de l'éolien (49,6 TWh) et reste loin derrière le nucléaire (373 TWh) et l'hydraulique (62,4 TWh). La production bas carbone atteint 95,2 % du total, un record selon le gestionnaire.
Facteur de charge : ce que produit un kilowatt installé
Le facteur de charge du parc solaire mesure la production réelle rapportée à ce que les panneaux produiraient à pleine puissance toute l'année. Les publications citées ici ne le donnent pas directement ; un calcul simple à partir des chiffres du SDES (37,0 TWh produits, un parc passé de 25,2 à 31,3 GW au cours de l'année) le situe autour de 13 à 15 % selon que l'on retient la puissance de début, de milieu ou de fin d'année. Ce niveau reflète la ressource solaire française : la nuit, l'hiver et la couverture nuageuse limitent la production, et le sud de la France affiche un rendement par kilowatt nettement supérieur à celui du Nord, ce qui explique aussi l'attention portée à l'angle d'inclinaison des modules sur une toiture.
Ce que produit un panneau solaire en France
Un panneau solaire résidentiel récent affiche une puissance crête de l'ordre de 400 à 500 Wc. Appliqué à un panneau de 450 Wc, le facteur de charge national de 13 à 15 % donne une production annuelle d'environ 510 à 590 kWh par panneau : c'est un ordre de grandeur calculé à partir des moyennes publiées, pas une mesure. Le même panneau produit davantage à Perpignan qu'à Lille, et un panneau mal orienté ou ombragé peut perdre une fraction notable de ce volume. Une toiture de particulier de 5 à 6 kWc compte ainsi une douzaine de panneaux, et chaque panneau ajouté augmente la production sans augmenter dans la même proportion la consommation personnelle du foyer.
Ces chiffres concernent uniquement le panneau photovoltaïque, qui produit de l'électricité. Le panneau solaire thermique, celui d'un chauffe-eau solaire, produit de la chaleur et n'entre pas dans les statistiques de puissance électrique ; le solaire thermique fait l'objet d'un suivi séparé, tout comme le solaire thermodynamique à concentration, quasi absent du territoire national.
Les régions qui portent le parc solaire
La répartition par région du photovoltaïque suit l'ensoleillement, mais pas seulement. Le SDES publie chaque trimestre un fichier départemental et régional qui détaille la puissance raccordée ; les bilans régionaux de RTE donnent, eux, la production de chaque région. Trois régions du sud ressortent dans les données 2025.
- Occitanie : 6 TWh d'électricité solaire produite en 2025, en hausse de 18,6 %, avec un ensoleillement pourtant moyen pour la région (bilan électrique régional RTE, mai 2026).
- Nouvelle-Aquitaine : une production solaire en hausse de 1,7 TWh sur un an, portée par de grandes centrales au sol sur d'anciens terrains industriels ou militaires (RTE, mai 2026).
- Provence-Alpes-Côte d'Azur : 3,6 TWh produits en 2025, contre 3,3 TWh en 2024 (RTE, mai 2026). La région dispose de la meilleure ressource, mais le relief et la pression foncière limitent les grands parcs.
Ces écarts entre régions s'expliquent par trois paramètres : la ressource (le rayonnement annuel reçu par un panneau), le foncier disponible pour une centrale solaire au sol et la densité de toitures exploitables. Une région du nord peut ainsi afficher une forte puissance raccordée grâce à de grandes toitures agricoles ou logistiques, sans rivaliser en production par kilowatt avec une région du sud. Pour un particulier, ces données régionales servent surtout de repère : le calcul de production d'une maison se fait à l'adresse, avec l'orientation réelle du toit, pas avec une moyenne régionale.
Comment évolue le marché photovoltaïque en France ?
Le marché photovoltaïque en France change de profil depuis 2025 : le nombre de projets reste élevé, mais les mégawatts viennent de plus en plus des grandes installations. Au deuxième trimestre 2026, les installations en autoconsommation représentent 87 % des projets raccordés au réseau Enedis (27 200 installations), contre 92 % un an plus tôt, mais seulement 154 MW sur 1 496 MW, soit environ un dixième de la puissance du trimestre. Le calcul donne une puissance moyenne voisine de 5,7 kWc par projet en autoconsommation, la taille typique d'une toiture de maison.
La batterie progresse aussi dans les projets résidentiels : 5 059 installations raccordées au deuxième trimestre 2026 en comportaient une, soit 16 % des projets selon les données Enedis. Ce choix découle du système de soutien : avec un tarif de rachat du surplus devenu très faible pour les nouvelles demandes, l'électricité stockée puis consommée sur place vaut davantage que l'électricité injectée sur le réseau. Le surplus non consommé se vend dans le cadre de l'obligation d'achat : EDF OA (pour EDF Obligation d'Achat), acheteur obligé sur la majeure partie du territoire, signe avec le producteur un contrat d'achat de vingt ans au tarif fixé par arrêté à la date de la demande. Cette obligation d'achat s'applique aussi aux entreprises locales de distribution sur leur territoire, et son tarif pour le surplus a nettement baissé pour les nouvelles demandes de 2026. Les arbitrages entre stockage, revente et pilotage des appareils sont détaillés dans notre article sur la gestion du surplus solaire.
Côté grandes centrales, le marché fonctionne par appel d'offres de la Commission de régulation de l'énergie : les lauréats obtiennent un complément de rémunération sur une durée fixée, ce qui sécurise le financement des parcs solaires au sol et des grandes toitures. Les acteurs historiques comme EDF Renouvelables, mais aussi de nombreux producteurs indépendants, se partagent ces projets. Le rythme de mise en service dépend ensuite des délais de raccordement, souvent le point de blocage cité par la filière.
Ce que disent ces chiffres
Les chiffres du photovoltaïque en France racontent d'abord un changement d'échelle. Une production solaire qui progresse de 46 % en un an, alors que le parc n'augmente que d'environ un quart, signale l'arrivée de grandes installations mieux placées et un ensoleillement 2025 favorable. Ce second facteur ne se reproduira pas chaque année : une année grise peut faire baisser la production sans que le parc recule.
Le deuxième enseignement concerne l'objectif public. La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), publiée par décret le 13 février 2026, fixe une cible de 48 GW de photovoltaïque en 2030 et une fourchette de 55 à 80 GW en 2035, comme le rappelle une question écrite au Sénat. Le projet de mars 2025 visait plus haut (54 GW en 2030). Avec 33,0 GW fin mars 2026, il reste environ 15 GW à raccorder en un peu moins de cinq ans, soit à peu près 3,2 GW par an : deux fois moins que le rythme observé en 2025. Sauf retournement brutal du marché, la cible 2030 apparaît atteignable en avance, ce que la filière, qui espérait un objectif plus élevé, souligne depuis la publication du décret.
Le troisième enseignement touche le réseau électrique. Plus de puissance solaire concentrée sur les heures de midi signifie davantage d'heures à prix de marché très bas, voire négatifs, et un besoin croissant de flexibilité : stockage, pilotage de la consommation, décalage des usages comme la recharge des véhicules ou le chauffe-eau. Pour un particulier, c'est l'argument qui pousse aujourd'hui vers l'autoconsommation plutôt que vers la revente.
Comment se compare la France au niveau mondial ?
Au niveau mondial, la France occupe une position de second rang dans le solaire photovoltaïque. La Chine installe à elle seule chaque année davantage de puissance que l'ensemble des autres pays réunis et domine la fabrication des modules. En Europe, l'Allemagne dispose d'un parc solaire plusieurs fois supérieur à celui de la France, et l'Espagne et l'Italie la devancent aussi en proportion de leur production électrique. Le rang mondial exact dépend de l'année et de la source (Agence internationale de l'énergie, IRENA, SolarPower Europe) ; nous ne le citons pas faute d'une donnée 2026 consolidée.
Ce retard relatif s'explique largement par le mix électrique français. Avec un nucléaire qui fournit plus des deux tiers de la production et une électricité déjà décarbonée à plus de 95 %, la France n'a pas eu la même urgence que ses voisins à remplacer le charbon ou le gaz. L'énergie solaire y sert moins à décarboner qu'à diversifier les sources et à préparer le renouvellement du parc existant.
Les défis du photovoltaïque français
Le développement du photovoltaïque en France bute sur des contraintes connues, que l'on retrouve dans les rapports publics comme dans les prises de position des fédérations professionnelles.
- Le raccordement
- Les délais de raccordement au réseau de distribution ou de transport s'allongent avec le volume de demandes, surtout pour les projets de taille moyenne.
- Le foncier
- Les centrales au sol doivent éviter les terres agricoles et les espaces naturels ; l'agrivoltaïsme, encadré par la loi de 2023 sur l'accélération des énergies renouvelables, ouvre une voie sous conditions.
- La fabrication
- La quasi-totalité des modules installés vient d'Asie ; plusieurs projets d'usines françaises cherchent à rapatrier une partie de la chaîne de valeur.
- L'impact environnemental
- Le recyclage des modules en fin de vie est organisé en France par la filière Soren, et l'empreinte carbone des panneaux entre en compte dans la notation des appels d'offres.
- Le soutien aux particuliers
- La suppression de la prime à l'autoconsommation pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026 change l'équation économique d'une toiture résidentielle. Les aides à la rénovation énergétique visent surtout l'isolation et le chauffage : pour un panneau photovoltaïque, le soutien public passe désormais par l'obligation d'achat du surplus, et les autres aides restent rares. Le message France Rénov' figure obligatoirement depuis le 1er octobre 2026 sur toute offre de travaux de rénovation énergétique.
Pour un particulier, ces défis nationaux se traduisent par des questions très concrètes : quelle puissance poser, faut-il une batterie, combien de temps pour obtenir le raccordement. Les étapes d'un projet résidentiel, de la déclaration préalable en mairie à la mise en service, sont décrites dans notre dossier sur l'installation de panneaux solaires sur une maison.
Photovoltaïque en France : lire et réutiliser les chiffres
Où trouver les données officielles du solaire ?
Les données officielles du solaire se trouvent sur le site du SDES (tableau de bord trimestriel et fichiers par région et département), sur le site de RTE (bilan électrique annuel et bilans régionaux) et sur la plateforme open data d'Enedis, qui publie le détail des raccordements. L'Observatoire des énergies renouvelables tient également des fiches régionales. Chaque source a son périmètre : il vaut mieux citer la source et la date avec le chiffre.
Pourquoi le SDES et RTE donnent-ils deux productions différentes ?
Le service statistique et le gestionnaire du transport donnent deux productions différentes parce qu'ils ne mesurent pas le même objet. Le SDES publie une production brute qui comprend des estimations, RTE s'appuie sur la production mesurée par les réseaux de la métropole. Pour 2025, cela donne 37,0 TWh d'un côté et 32,9 TWh de l'autre, avec une même tendance à la hausse.
Quelle puissance représente une toiture de particulier ?
Une toiture de particulier en autoconsommation représente environ 5 à 6 kWc en moyenne, d'après le rapport entre les 154 MW et les 27 200 installations en autoconsommation raccordées au deuxième trimestre 2026 sur le réseau Enedis. Les kits solaires d'autoconsommation vendus aux particuliers couvrent des puissances plus faibles, de quelques centaines de watts à quelques kilowatts.





